mercredi 30 mars 2011

lundi 28 mars 2011

GEORGES ROUSSE

Alors qu'il est étudiant en médecine à Nice, il décide d'apprendre chez un professionnel les techniques de prise de vue et de tirage puis de créer son propre studio de photographie d'architecture. Mais bientôt sa passion le pousse à se consacrer entièrement à une pratique artistique de ce médium sur la trace des grands maîtres américains, Steichen, Stieglitz ou Ansel Adams.

C'est avec la découverte du Land Art et du Carré noir sur fond blanc de Malévitch que Georges Rousse choisit d'intervenir dans le champ photographique établissant une relation inédite de la peinture à l'Espace. Il investit alors des lieux abandonnés qu'il affectionne depuis toujours pour les transformer en espace pictural et y construire une œuvre éphémère, unique, que seule la photographie restitue.

Pour permettre aux spectateurs de partager son expérience de l'Espace, il présente, dès le début des années 80, ses images en tirages de grand format. Cette œuvre forte et singulière qui déplace les frontières entre les médias traditionnels s'est immédiatement imposée dans le paysage de l'art contemporain.

FELICE VARINI

Le travail de Felice Varini est caractérisé par l’utilisation de l’espace architectural et tout ce qui le constitue comme support de sa peinture. Il travaille in situ dans des espaces à chaque fois différents et ses œuvres évoluent en relation avec ces espaces. En étudiant l’histoire et les principales caractéristiques du lieu rencontré, Varini définit un point de vue autour duquel son travail prend forme. Le point de vue choisi est considéré par l’artiste comme un point de l’espace qu’il choisit avec précision ; il est situé à hauteur des yeux et, souvent, localisé dans des passages obligés mais sans en faire une règle : le point de vue peut aussi être un choix arbitraire.

Le point de vue choisi est créé pour fonctionner comme point d'arrivée pour la lecture de la peinture et de l’espace. La forme peinte est donc cohérente quand le spectateur est situé sur le point de vue ; en se déplaçant, le spectateur sort du point de vue et le travail, en rencontrant l’espace architectural, dévoile une infinité de points de vue sur la forme. Pour l’artiste, le point de vue n’est pourtant pas l’endroit où il voit son travail achevé puisque ce point tient dans l’ensemble des points de vue que le spectateur peut avoir sur lui.

« Je pars d’une situation réelle pour construire ma peinture. Cette réalité n’est jamais altérée, effacée ou modifiée, elle m’intéresse et elle m’attire dans toute sa complexité. Ma pratique est de travailler « ici et maintenant » »

— F. Varini



mercredi 23 mars 2011

ANNICK LANTENOIS

Hier et aujourd'hui, nous avons eu le plaisir de rencontrer Annick Lantenois, historienne de l'art de formation et enseignante à l'école régionale des beaux-arts de Valence pour discuter de nos projets de diplôme. Elle a apporté un regard critique nouveau, et pour ma part, m'a fait rebondir, à un moment où j'étais un peu perdue...

Elle a soulevé un point essentiel, qui est notamment le noyau de mon blocage : le fait d'être entre un projet qui se veut fonctionnel (une cartographie informative) et une envie d'aller vers la rêverie et l'imaginaire (et du coup qui perd cette notion d'information).
Il faut donc que je définisse mon parti pris!
On a abordé le projet dans le sens de proposer une cartographie de rêverie sur Orléans qui permettrai aux habitants de voir la ville comme lieu d'errance, de mouvement et d'incertitude.
" errer, flâner, musarder ".
Elles m'a donné quelques références littéraire et web à consulter...

Pour finir, quelques images de cette rencontre :

lundi 14 mars 2011

SOUTENANCE MÉMOIRE #1

Emilie Blondeau : De plis en replis, variations inspirées de Borges et de Bertin
Préparation de la soutenance du mémoire
15 mars 2011

En guise d’introduction, je souhaite vous préciser que dans un premier temps je vais vous présenter ma recherche et comment je les articule et dans un deuxième temps je vais vous exposer mes recherches actuelles et leurs états prospectifs.

CONTEXTE :
Depuis l’année dernière, je consacre mon travail à la réflexion sur la visualisation des données et leur restitution par des moyens graphiques, ainsi qu’au domaine de l’édition. À ce titre le pop-up et le dépliant ont été des supports privilégiés.
À travers mes différentes expérimentations, je me suis peu à peu intéressée à la cartographie, au design d’information, à la signalétique et à l’art numérique, notamment avec l’artiste John Maeda, un des pionniers dans ce domaine et qui a été une référence importante pour moi. Il a mis au point une méthode d’apprentissage de la programmation nommée design by numbers qui est le titre d’un de ses livres ; deux de ses anciens étudiants, Benjamin Fry et Casey Reas, ont poursuivi dans cette direction pour réaliser Processing, un environnement de design interactif très prometteur, basé sur la plate-forme Java.
Aujourd’hui, de l’espace du livre au volume, je suis toujours dans un travail qui associe le design d’espace au graphisme.

SUJET ET GRANDES LIGNES DU SUJET
Ces différents centres d’intérêts m’ont permis de mettre en place un projet de recherche pour mon diplôme pour lequel j’ai choisi de travailler sur la visualisation de données spatiales et sensibles du territoire, et plus précisément sur la cartographie de la ville d’Orléans.
La ville est un espace vecteur de nombreuses informations et de flux en lien avec des données sonores, temporelles et spatiales et dans laquelle chaque espace vécu est unique. Elle est le territoire de notre quotidien et en cela elle devient le support de notre fiction : c’est là que l’on vit, que l’on dort, que l’on rêve...

Mon questionnement alors a été de me demander comment la carte pourrait devenir “objet” d’une nouvelle lecture de la ville.
En effet nos trajets, les expériences que nous menons à travers nos différentes déambulations sont autant d’histoires qui s’inscrivent sur un territoire commun et partagé. Mon intention a été de rendre compte de ces expériences multiples au sein d’une même cartographie, qui se donnerait comme un livre combinatoire, un objet de mémoire dans lequel s’inscrit l’histoire vivante de la ville.

Il faut bien différencier l’espace conçu de l’espace vécu ; c’est à cela que j’ai consacré la première étape de ma recherche, soutenue par une succession d’expérimentations en atelier et sur le terrain. En effet, par définition la cartographie donne à voir l’agencement spatial du territoire. En ayant recours au design interactif et au concept de design ouvert, j’ai compris que je pouvais aller vers de nouvelles investigations, notamment dans une traduction plus personnelle de la ville dans laquelle on vit. L’utilisateur potentiel de la carte telle que je commence à l’envisager devient donc un partenaire et cela crée une véritable opportunité d’échange et d’enrichissement, retrouvant par la même le principe que décrit Umberto Eco dans son ouvrage “l’œuvre ouverte” publié pour la première fois en 1962. L’œuvre ouverte est une invitation à faire l’œuvre avec l’auteur : citation de Pareyson “L'œuvre d'art est une forme, c'est-à-dire un mouvement arrivé à sa conclusion : en quelque sorte un infini contenu dans le fini. Sa totalité résulte de sa conclusion et doit donc être considérée non comme la fermeture d'une réalité statique et immobile, mais comme l'ouverture d'un infini qui s'est rassemblé dans une forme.”

Les cartes interactives existent déjà sous forme d’écran tactile ou sur le web. Ce qui m’importe dorénavant et qui constitue la deuxième étape de mon projet, c’est sa dimension en tant qu'objet. Comme avec la manipulation d’un globe, je souhaite retrouver une dimension tactile et aussi la capacité de pouvoir tourner autour, comme on le ferait à travers une ville. C’est à cette étape que l’analogie entre la carte et le territoire, notamment dans ma référence principale à Borges, prend tout son sens. Le rapport entre 2D et 3D est un enjeu difficile à résoudre, que je conçois comme la création d’un “patron” et sa réalisation ou sa mise en volume. Ma problématique sera donc de donner forme à un graphique, de visualiser un ensemble de données par une approche en volume et de comprendre comment cela en modifie la lecture.
Cette recherche rejoint le travail de Pierre Vanni, graphiste toulousain. Formé aux nouvelles technologies, il cherche à travers ces expérimentations plastiques et ces projets professionnels à réinvestir autrement les technologies de l’image de synthèse, notamment en conjuguant une phase de conception numérique avec des moyens de mise en œuvre fragiles, voire dérisoires, comme le papier ou le carton. Ce travail autour de l’image de synthèse s’inscrit dans l’évolution du design graphique et son orientation tactile.

Cette nouvelle cartographie qui émerge de mon travail se donne alors comme un objet de mémoire collective pour et par les habitants.
Derrière l’utilisation du papier, l’enjeu est d’élaborer une nouvelle proximité entre l’homme et ses supports de communication, une nouvelle interactivité destinée à opérer un graphisme plus sensible.

CONCLUSION // FORME MÉMOIRE & OUVERTURE
Pour mon mémoire, j’ai choisi une forme évoquant tout à la fois l’objet livre et l’objet cartographique : le livre étant le support de la fiction, du texte et le dépliant cartographique faisant référence à l’information, aux repères iconographiques et bibliographiques.

Depuis l’écriture de ce mémoire, mon travail tend vers une recherche plus fantasmatique et rejoint l’idée d’une ville virtuelle. Si la ville est le lieu où l’on vit notre quotidien, je la considère également comme un point de départ aux rêveries et à l’imagination et j’en fais un espace où tout peut devenir possible, même les choses les plus irrationnelles. Elle ouvre sur une nouvelle appréhension du réel, nourrie par la mouvance du design interactif et par l’étude des flux dans lesquels les frontières spatiales s’effacent pour créer un espace infini. Progressivement j’évolue vers un travail de déformation de l’espace qui génère de nouvelles formes graphiques et plastiques, pour créer un nouveau regard sur la ville, permettant alors de la redécouvrir sous différents angles comme une vue kaléidoscopique, un jeu de facettes et de fragmentations. Le kaléidoscope est un objet qui m’intéresse de plus en plus dans la formalisation de ces expériences dans ses facultés de dédoublements et de multiplications à l’infini d’un même motif.
Au bout du compte, c’est la ville dans tout ce qu’elle a de mouvant, de caché, de secret, qui m’intéresse.

vendredi 4 mars 2011

ZONES BLANCHES

Un article intitulé « Philippe Vasset : cartographie des espaces vides» paru dans Le Monde du 07/12/2007 précise la démarche qui a présidé à la réalisation de l’ouvrage Un livre Blanc de Philippe Vasset paru chez Fayard en septembre 2007, et mentionne le site Internet associé à cette publication, www.unsiteblanc.com, base de données du travail de l’Atelier de Géographique Parallèle (AGP). Un travail et une démarche très intéressant!


On nous avait dit “la ville sera un vaste terrain de jeu”. Effectivement, les rues, les échangeurs et les places ressemblent désormais, sur les écrans des navigateurs GPS, aux plateaux d’un jeu vidéo. Est-ce que l’on s’y amuse pour autant ? Ça ne saute pas aux yeux : pour se rendre d’un point à un autre, on obéit aux ordres d’une voix métallique et on suit des itinéraires préprogrammés.
Pourtant le réel déborde sans cesse ces représentations aseptisées : les navigateurs se trompent et les plans s’éclaircissent aux marges des villes. L’Atelier de Géographie Parallèle (AGP) est né du désir de pousser les cartes dans leurs retranchements : à quel moment deviennent-elles muette ? Et comment figurer ce qui leur échappe ? Nos représentations montrent l’espace tel que nous l’avons parcouru, avec ses discontinuités et ses incohérences.